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Michel Platini exige le départ de Gianni Infantino : « Il doit partir »
Résumé
Michel Platini exige la démission de Gianni Infantino, président de la FIFA, le 30 août 2026. Retour sur la guerre ouverte entre les deux anciens collaborateurs.
Sommaire
- 1 Une inimitié de longue date qui se transforme en offensive judiciaire
- 2 Platini contre Infantino : les griefs accumulés depuis 2015
- 3 Le contexte FIFA : une institution sous pression
- 4 Qui est Michel Platini ? Retour sur un parcours légendaire
- 5 Le profil d’Infantino dans la ligne de mire
- 6 Un double front : judiciaire et médiatique
- 7 Réactions et contexte international
- 8 Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines
- 9 Tableau récapitulatif : Platini vs Infantino
La légende du football français Michel Platini a publiquement exigé la démission du président de la FIFA Gianni Infantino, déclarant le dimanche 30 août 2026 que le dirigeant helvético-italo-américain « doit partir » en raison des scandales qui ont secoué la gouvernance mondiale du football. Cette sortie fracassante de Platini, rapportée par l’AFP et relayée par Al Jazeera, relance la guerre ouverte entre l’ancien patron de l’UEFA et l’homme le plus puissant du football mondial.
Platini a tenu ces propos depuis Paris le 30 août 2026, dans un contexte tendu où l’ex-président de l’UEFA multiplie les procédures judiciaires contre Infantino et la FIFA. « Les affaires économiques sont une chose, mais Infantino a échoué parce qu’il est le garant des règles du jeu et il ne les a pas respectées », a déclaré Platini. « Il est le garant, il ne les respecte pas, il doit partir. » Ces mots, rapportés par l’AFP, constituent la condamnation la plus directe jamais formulée par Platini à l’encontre de son ancien collaborateur.
La déclaration intervient alors que la FIFA traverse une période de turbulences institutionnelles majeures. Selon les informations de Al Jazeera, Platini a prononcé ces mots dans la foulée de scandales qui, selon lui, remettent en cause la légitimité même de l’actuel président de la FIFA.
Une inimitié de longue date qui se transforme en offensive judiciaire
La relation entre Michel Platini et Gianni Infantino a longtemps été celle d’un patron et de son bras droit : pendant des années, Infantino a servi comme secrétaire général de l’UEFA sous la présidence de Platini, de 2009 jusqu’à l’élection d’Infantino à la tête de la FIFA en février 2016. Mais cette proximité n’a pas survécu à la chute de Platini : suspendu par le Comité d’éthique de la FIFA en 2015, l’ancien numéro 10 de l’équipe de France a perdu son poste à l’UEFA, ouvrant la voie à l’élection d’Infantino.
Depuis lors, Platini n’a cessé de critiquer son successeur. En juin 2026, il a formellement déposé une plainte civile et pénale en France contre la FIFA et son président, alléguant avoir été victime d’un complot destiné à bloquer sa candidature à la présidence de la FIFA lors de l’élection de 2015. Selon The Athletic, la plainte civile cible Infantino, d’anciens hauts responsables de la FIFA, et une série d’agissements présumés liés à cette élection.
En juillet 2026, les avocats de Platini avaient également déposé une plainte pénale à Paris pour « trafic d’influence », « complot en vue de diffamer » et « violations des règles du football ». Ces procédures illustrent une escalade judiciaire sans précédent entre deux figures majeures de l’histoire du football mondial.
Platini contre Infantino : les griefs accumulés depuis 2015
Pour comprendre la virulence des accusations de Platini, il faut remonter à l’automne 2015. Le 8 octobre 2015, Platini est suspendu par le Comité d’éthique de la FIFA — initialement pour 90 jours, puis la suspension est prolongée — en raison d’un paiement de deux millions de francs suisses que Platini avait reçu de la FIFA sous l’ère Blatter. Platini a toujours maintenu qu’il s’agissait d’une rémunération légitime pour des prestations de conseil, mais cette affaire a mis fin à ses ambitions de succéder à Sepp Blatter à la tête de la FIFA.
C’est dans ce contexte que Gianni Infantino s’est porté candidat et a été élu président de la FIFA le 26 février 2016 au Congrès extraordinaire de Zurich. Platini estime depuis lors qu’il a été éliminé délibérément de la course par des forces politiques qui ont ensuite favorisé l’élection d’Infantino.
Interrogé par le journal britannique The Guardian en janvier 2026, Platini avait déjà prévenu : « Malheureusement, Infantino est devenu de plus en plus autocrate depuis la pandémie de Covid. » Des mots prémonitoires au regard de la déclaration du 30 août 2026.
Le contexte FIFA : une institution sous pression
La sortie de Platini ne survient pas dans le vide. La FIFA d’Infantino a été confrontée ces derniers mois à une série de critiques et de tensions internes. En 2026, l’organisation mondiale du football a notamment dû renoncer à un projet d’investissement controversé impliquant des fonds privés, un épisode qui a renforcé les critiques de ceux qui accusent Infantino de vouloir transformer la FIFA en une entité plus opaque et moins démocratique.
Par ailleurs, la tenue de la Coupe du Monde 2026 en Amérique du Nord — aux États-Unis, au Canada et au Mexique — n’a pas dissipé les tensions : si le tournoi a été un succès commercial, plusieurs fédérations et acteurs du football mondial ont exprimé des inquiétudes quant à la direction stratégique imprimée par Infantino, notamment autour des droits TV, de l’expansion du calendrier et de la gouvernance interne.
Selon l’analyste politique du football Raffaele Poli, cité par La Gazzetta dello Sport en juillet 2026, « Platini est en train de devenir le visage d’une opposition institutionnelle à Infantino, une opposition qui existait mais qui n’avait pas encore de leader reconnu. »
Qui est Michel Platini ? Retour sur un parcours légendaire
Né le 21 juin 1955 à Jœuf, en Moselle, Michel Platini est l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football mondial. Surnommé « Le Roi », il est l’auteur de 41 buts en 72 sélections avec l’équipe de France (1976-1987), un palmarès qui comprend notamment la victoire à l’Euro 1984, où il termine meilleur buteur avec 9 buts en 5 matches — un record toujours inégalé dans l’histoire du tournoi continental.
Après sa retraite sportive, Platini a entamé une carrière dans la gouvernance du football : conseiller technique de l’équipe de France lors de la Coupe du Monde 1998 remportée à domicile, puis vice-président de la FIFA avant d’accéder à la présidence de l’UEFA en 2007, poste qu’il occupera jusqu’à sa suspension forcée en 2016. Sous sa direction, l’UEFA a lancé la Ligue Europa, étendu l’Euro à 24 équipes et réformé la Ligue des Champions.
C’est aussi Michel Platini qui a fait campagne pour l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar — un choix qui a depuis lors fait l’objet d’enquêtes judiciaires et de controverses persistantes, mais pour lequel Platini a toujours nié toute irrégularité personnelle.
Le profil d’Infantino dans la ligne de mire
Né le 23 mars 1970 à Brig, en Suisse, de parents italiens, Gianni Infantino a grandi en Suisse avant de faire carrière dans le droit sportif. Après avoir rejoint l’UEFA en 2000 comme juriste, il devient directeur juridique puis secrétaire général en 2009 — c’est à ce titre qu’il travaille aux côtés de Platini. Élu à la tête de la FIFA en février 2016, puis réélu en 2019 et 2023, Infantino est aujourd’hui à son troisième mandat consécutif.
Son passage à la tête de la FIFA a été marqué par plusieurs initiatives controversées : la création de la Coupe du Monde des clubs à 32 équipes, le projet — abandonné — d’élargir la Coupe du Monde à 48 équipes dès 2026 avec une phase de groupes remaniée, et les discussions autour d’un investisseur privé au capital de la FIFA. Des opposants, dont plusieurs fédérations européennes, ont régulièrement dénoncé une concentration du pouvoir autour du président.
Sur le plan judiciaire, Infantino avait lui-même fait l’objet d’une procédure en Suisse en 2022 pour des réunions secrètes avec l’ancien procureur fédéral Michael Lauber — une affaire close sans inculpation, mais qui avait alimenté les critiques sur sa gouvernance.
Un double front : judiciaire et médiatique
La stratégie de Platini semble désormais se déployer sur deux fronts simultanés : d’un côté, les tribunaux français, où ses avocats ont initié des procédures civiles et pénales ; de l’autre, la scène médiatique, où l’ancien joueur multiplie les déclarations publiques pour alimenter la pression sur Infantino.
Cette double offensive n’est pas anodine. En France, les procédures judiciaires contre des personnes morales étrangères comme la FIFA peuvent prendre des années, voire des décennies. Mais en termes de réputation, les coups portés dans les médias peuvent avoir un effet immédiat sur la légitimité d’un dirigeant international. Plusieurs experts en droit du sport estiment que l’objectif de Platini n’est pas nécessairement d’obtenir une condamnation pénale, mais de créer un contexte politique suffisamment défavorable pour fragiliser la position d’Infantino au sein des fédérations membres de la FIFA.
Le timing n’est pas anodin non plus : à 71 ans, Platini sait que le temps joue contre lui. Sa fenêtre d’action judiciaire et médiatique est limitée, et les déclarations du 30 août 2026 suggèrent une volonté de frapper fort avant que les procédures ne s’enlisent dans les méandres judiciaires.
Réactions et contexte international
Aucune réaction officielle d’Infantino ou de la FIFA n’avait été publiée au moment de la rédaction de cet article, le 31 août 2026. La FIFA n’a pas répondu aux demandes de commentaires formulées par l’AFP à la suite des déclarations de Platini. Ce silence, observé depuis plusieurs semaines face aux critiques croissantes, est lui-même perçu par certains observateurs comme une stratégie délibérée visant à ne pas amplifier la couverture médiatique des attaques de Platini.
Du côté des associations nationales, les réactions restent prudentes. Plusieurs fédérations européennes, dont certaines ont déjà exprimé des réserves sur la gouvernance de la FIFA ces dernières années, observent la situation avec intérêt mais sans prendre parti publiquement. L’UEFA sous la présidence d’Aleksander Čeferin — successeur de Platini depuis 2016 — a entretenu une relation compliquée avec la FIFA d’Infantino, notamment sur les questions de calendrier et de compétitions internationales.
Dans le monde arabe, les critiques de Platini sont reçues avec une certaine prudence, compte tenu du rôle joué par Platini lui-même dans l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Certains commentateurs estiment que Platini n’est pas la figure la plus crédible pour donner des leçons de transparence à la FIFA.
Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines
Plusieurs développements sont à surveiller dans les semaines et mois à venir :
- L’avancement des procédures judiciaires en France : les plaintes civile et pénale déposées par Platini en juin 2026 doivent franchir plusieurs étapes procédurales. Un renvoi en instruction constituerait une escalade majeure.
- La position d’Infantino au sein de la FIFA : son mandat actuel court jusqu’en 2027. Une pression accrue pourrait relancer les débats sur son éventuelle réélection ou non.
- Les prochaines prises de parole de Platini : l’ex-président de l’UEFA semble décidé à maintenir une présence médiatique forte. D’autres déclarations, voire une conférence de presse formelle, pourraient suivre.
- La réponse de la FIFA : le silence actuel ne pourra pas durer indéfiniment. Une réfutation officielle de la part d’Infantino ou de ses proches est probable à terme.
- Le soutien éventuel d’autres acteurs du football : si des fédérations ou d’anciens dirigeants rejoignent le camp de Platini, la pression sur Infantino pourrait atteindre un seuil critique.
En attendant, la déclaration du 30 août 2026 marque une étape supplémentaire dans une confrontation qui dépasse largement les deux hommes concernés : c’est l’avenir de la gouvernance du football mondial qui se joue dans cet affrontement entre deux anciennes figures du pouvoir footballistique.

Tableau récapitulatif : Platini vs Infantino
| Critère | Michel Platini | Gianni Infantino |
|---|---|---|
| Date de naissance | 21 juin 1955 (71 ans) | 23 mars 1970 (56 ans) |
| Nationalité | Française | Suisse / Italienne |
| Poste actuel | Sans mandat officiel | Président de la FIFA (depuis 2016) |
| Ancien poste | Président de l’UEFA (2007-2016) | Secrétaire général de l’UEFA (2009-2016) |
| Buts en sélection | 41 en 72 matchs | — |
| Procédures judiciaires | Plaignant (contre FIFA/Infantino) | Défendeur (procédures en France) |
| Palmarès joueur | Ballon d’Or 1983, 1984, 1985 ; Euro 1984 | — |
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Sources : Al Jazeera, 31 août 2026 ; AFP, 30 août 2026 ; The Athletic, 8 juin 2026.
Photo: Chancellery of the President of the Republic of Poland, GFDL 1.2, via Wikimedia Commons



