Samuel Eto’o Prend la Défense de Gianni Infantino et Appelle l’Afrique à Soutenir le Président de la FIFA

Résumé

Samuel Eto'o prend la défense de Gianni Infantino le 24 août 2026 : le président de la FECAFOOT appelle l'Afrique à soutenir le patron de la FIFA malgré la crise.

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Reviewed by Emma Dubois

Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) et légende du football africain, a pris publiquement la défense de Gianni Infantino le lundi 24 août 2026, affirmant que le président de la FIFA n’avait « rien fait de mal » et appelant l’Afrique à lui accorder son soutien, alors que l’instance dirigeante mondiale traverse l’une des crises de gouvernance les plus graves de son histoire récente.

La prise de position d’Eto’o intervient dans un contexte de tempête institutionnelle : Infantino est sous pression depuis la fin juillet 2026, après l’échec retentissant de son projet controversé de cession partielle des droits commerciaux de la Coupe du Monde à des investisseurs privés. Ce plan, qui prévoyait de vendre environ 20 % d’une nouvelle entité commerciale FIFA pour lever quelque 4,2 milliards de dollars, a provoqué un tollé mondial et contraint l’instance à reculer en catastrophe. La déclaration d’Eto’o, relayée notamment par Al Jazeera et Midi Libre, est l’une des rares voix du football international à voler ouvertement au secours d’un Infantino de plus en plus isolé.

« Il n’a rien fait de mal » : la déclaration d’Eto’o qui relance le débat

Le 24 août 2026, Samuel Eto’o a répondu sans équivoque aux questions des journalistes sur la crise traversée par la FIFA et son président. Président de la FECAFOOT depuis décembre 2021 et ancien attaquant de classe mondiale — vainqueur de la Ligue des champions avec le FC Barcelone (2006, 2009) et l’Inter Milan (2010) —, Eto’o a déclaré : « Je ne pense pas que le président ait fait quoi que ce soit de mal. »

Plus encore, le quadruple Ballon d’Or africain est allé plus loin en appelant explicitement le continent africain à se mobiliser derrière Infantino. Selon le site Actu Cameroun, Eto’o a lancé : « Nous devons soutenir Infantino. » Il a justifié cette position en soulignant qu’Infantino avait selon lui « changé le football » et « contribué de manière significative au développement du football africain » depuis son accession à la présidence de la FIFA en 2016. Eto’o estime par ailleurs que les critiques actuelles seraient en partie alimentées par des considérations politiques liées à la prochaine campagne pour la réélection d’Infantino.

La crise FIFA : genèse d’un projet de privatisation avorté

Pour comprendre la prise de position d’Eto’o, il faut revenir sur les événements qui ont secoué la FIFA depuis fin juillet 2026. Le plan d’Infantino prévoyait la création d’une filiale commerciale destinée à gérer les droits de la Coupe du Monde et des autres grandes compétitions sous l’égide de la FIFA. Environ 20 % de cette entité auraient été cédés à des investisseurs privés, permettant à la FIFA de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, selon des documents révélés par Reuters le 1er août 2026.

La réaction des confédérations continentales a été immédiate et massive. L’UEFA a été la première à monter au créneau, accusant Infantino d’avoir agi de façon « secrète, opaque et par la petite porte ». Le 31 juillet 2026, la confédération européenne a officiellement déclaré avoir « perdu confiance » en Infantino, une formulation d’une gravité institutionnelle rarement utilisée dans le football mondial. Dans le même temps, la CONCACAF (Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes) et la Confédération asiatique de football (AFC) ont cosigné un texte commun accusant la FIFA d’avoir « trahi la confiance de ses membres à travers la tromperie ».

Le plan a finalement été abandonné dans la précipitation le 31 juillet 2026, mais les séquelles politiques de la crise n’avaient pas encore été absorbées au moment où Eto’o a pris la parole, trois semaines et demie plus tard.

Accusations de chantage et démissions : l’intensité de la crise

La crise FIFA a rapidement débordé le simple cadre commercial. Le 4 août 2026, le prince Ali bin al-Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, a accusé l’administration d’Infantino de « chantage », affirmant que la FIFA avait menacé de retenir des aides financières aux fédérations qui refuseraient de soutenir la candidature du président suisse à sa propre réélection, selon The Guardian. Des allégations que la FIFA a vigoureusement démenties.

L’interne de la FIFA a également été ébranlé : le directeur général des opérations, l’un des conseillers les plus proches d’Infantino, a démissionné de son poste de conseiller sur un panel de la Maison-Blanche avant de quitter la FIFA, selon un rapport de la BBC daté du 31 juillet 2026. Dans les couloirs de l’instance, plusieurs cadres ont confié à la BBC avoir eu le sentiment d’avoir été « trompés » par la manière dont le projet avait été présenté et conduit en interne.

L’UEFA a franchi un cap supplémentaire le 3 août 2026 en menaçant la FIFA de poursuites judiciaires, demandant expressément que tout élément de preuve en lien avec l’affaire soit préservé, selon CNN. Une démarche d’une extrême gravité qui traduit l’ampleur du fossé désormais ouvert entre l’instance européenne et l’exécutif de la FIFA.

Le contexte africain : pourquoi l’Afrique est un enjeu central pour Infantino

La voix d’Eto’o ne résonne pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une réalité géopolitique footballistique bien précise : l’Afrique, avec ses 54 fédérations membres, représente le bloc de voix le plus important au sein du Congrès FIFA. Infantino a bâti une partie de son influence sur le soutien africain, en promettant et en délivrant une augmentation des allocations versées aux fédérations du continent — une somme portée à 6 millions de dollars par fédération et par cycle quadriennal lors de son second mandat.

C’est précisément cet argument qu’Eto’o a mis en avant dans sa déclaration du 24 août : selon le président de la FECAFOOT, Infantino « a profondément transformé le football mondial et particulièrement contribué au développement du football africain ». L’appel à soutenir Infantino est donc autant une prise de position personnelle qu’un message politique adressé à l’ensemble des 54 fédérations africaines, dans une période où l’avenir de la présidence FIFA demeure incertain.

Cette position tranche radicalement avec celle d’autres légendes du football qui ont récemment critiqué Infantino. Comme nous l’avions rapporté, Emmanuel Petit et Mikaël Silvestre figuraient parmi les personnalités du football français qui avaient publiquement attaqué la direction de la FIFA, estimant que la situation était allée « trop loin ». Eto’o adopte une ligne diamétralement opposée.

Qui est Samuel Eto’o : carrière et stature d’une légende africaine

Pour saisir le poids de cette prise de position, il convient de rappeler qui est Samuel Eto’o. Né le 10 mars 1981 à Nkon (Cameroun), il est considéré comme l’un des meilleurs attaquants africains de l’histoire du football. Sa carrière professionnelle s’est étalée sur près de deux décennies et comprend des étapes majeures :

  • FC Barcelone (2004-2009) : trois titres de champion d’Espagne, deux Ligues des champions (2006, 2009). Eto’o marque notamment en finale de la Ligue des champions 2009 contre Manchester United.
  • Inter Milan (2009-2011) : sous José Mourinho, il remporte le triplé historique Serie A / Coupe d’Italie / Ligue des champions en 2010, devenant le premier joueur de l’histoire à réaliser un triplé deux années consécutives avec deux clubs différents.
  • Chelsea, Everton, Anzhi Makhachkala, Sampdoria, Antalyaspor : une fin de carrière ponctuée de passages marquants.
  • Équipe nationale du Cameroun : quatre fois vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations (1990 en spectateur, 2000, 2002, 2017 — la dernière en tant que sélectionneur de facto pour les célébrations). International à 118 reprises, meilleur buteur de l’histoire des Lions Indomptables.

Depuis décembre 2021, Eto’o est président de la FECAFOOT — la Fédération Camerounaise de Football — une fonction qui lui confère une dimension institutionnelle au-delà de son statut de légende sportive. C’est en cette double qualité d’ancien champion et de dirigeant fédéral qu’il a pris la parole le 24 août 2026.

Tableau : les principales réactions au projet FIFA et à la défense d’Eto’o

DateActeurPosition
31 juillet 2026UEFADéclare avoir « perdu confiance » en Infantino ; menace de boycott des 55 membres européens
31 juillet 2026FIFA / InfantinoAbandonne officiellement le plan de cession commerciale
3 août 2026UEFAMenace la FIFA de poursuites judiciaires ; demande la préservation des preuves
4 août 2026Prince Ali bin al-Hussein (Jordanie)Accuse l’administration FIFA de « chantage » envers les fédérations
10 août 2026UEFA, CONCACAF, AFC (lettre commune)Accusent la FIFA d’avoir « trahi la confiance à travers la tromperie »
24 août 2026Samuel Eto’o (FECAFOOT)Défend Infantino : « il n’a rien fait de mal » ; appelle l’Afrique à soutenir le président FIFA
Ancien footballeur africain en costume s'exprimant devant des micros lors d'une conférence de presse

Une gouvernance mondiale en question : le fond du débat

Au-delà des positions personnelles d’Eto’o ou des légendes françaises, la crise FIFA soulève des questions de fond sur la gouvernance du football mondial que les experts s’accordent à considérer comme structurelles. Le projet de privatisation partielle de la Coupe du Monde — l’événement sportif le plus suivi de la planète — a mis en lumière une tension fondamentale : celle entre le modèle d’une FIFA « bien commun du football mondial » et celui d’une FIFA « entité commerciale cherchant à valoriser ses actifs ».

Pour l’UEFA, dirigée par Aleksander Ceferin, la ligne est claire : la commercialisation agressive des droits compétitifs constitue une menace existentielle pour les fédérations nationales et les ligues européennes qui redoutent de voir la FIFA empiéter davantage sur leurs prérogatives et leurs revenus. Pour Infantino et ses soutiens africains comme Eto’o, le raisonnement est inverse : les milliards levés auraient permis d’accroître considérablement les fonds reversés aux fédérations les plus pauvres, notamment en Afrique et en Asie.

Ce clivage Nord / Sud dans la gouvernance du football international n’est pas nouveau — il remonte aux grandes batailles politiques de la FIFA des années 1970 et 1980. Mais la rapidité avec laquelle la crise de l’été 2026 a explosé, à peine quelques semaines après la fin de la Coupe du Monde organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, a surpris jusqu’aux observateurs les plus aguerris.

Réactions et contexte : Eto’o seul contre tous ?

La déclaration d’Eto’o du 24 août 2026 représente l’une des rares prises de position publiques favorables à Infantino dans le monde du football au cours des semaines écoulées depuis l’éclatement de la crise. D’autres voix associées au football africain ont, elles, maintenu une forme de silence ou de réserve — signe que même au sein du bloc africain, la situation est loin d’être monolithique.

Parallèlement à la crise de gouvernance, le football africain traverse une période de visibilité accrue sur la scène mondiale. La présence de plusieurs nations africaines en phase finale de la Coupe du Monde 2026 — et les performances notables du Maroc, du Sénégal et du Cameroun — ont renforcé la légitimité de la voix africaine dans les débats mondiaux sur le football. Eto’o, qui a lui-même brillé sous les couleurs du Cameroun à plusieurs éditions de la Coupe du Monde, incarne cette influence montante.

En parallèle, la question de la prochaine élection à la présidence de la FIFA demeure posée. Infantino, dont le mandat actuel court jusqu’en 2027, a exprimé son intention de se représenter. Dans ce contexte, le soutien public d’Eto’o — et à travers lui, l’appel au vote africain — prend une dimension stratégique évidente. La décision finale appartient aux 211 fédérations membres de la FIFA, qui se réuniront en Congrès pour désigner ou reconduire leur président.

Ce qu’il faut surveiller : les prochaines étapes de la crise FIFA

Plusieurs échéances importantes se profilent dans les semaines à venir, qui détermineront l’issue de cette crise de gouvernance sans précédent :

  • 19 septembre 2026 : date limite fixée aux 211 fédérations membres pour décider si elles souhaitent bénéficier d’une avance de 20 millions de dollars liée au plan commercial FIFA — un mécanisme que l’UEFA avait dénoncé comme un outil de pression financière sur les fédérations les plus dépendantes des aides de la FIFA.
  • Procédures judiciaires potentielles de l’UEFA : la confédération européenne a menacé d’engager des poursuites contre la FIFA. La matérialisation ou non de ces menaces sera un indicateur clé de l’évolution des relations UEFA-FIFA.
  • Réforme de la gouvernance FIFA : plusieurs confédérations ont appelé à une révision en profondeur des procédures de décision internes à la FIFA. Une commission spéciale pourrait être mise en place à l’automne 2026.
  • Congrès FIFA ordinaire 2027 : la prochaine élection présidentielle, si Infantino décide de se représenter, constituera l’arbitrage politique ultime.

Dans ce contexte, la déclaration de Samuel Eto’o s’inscrit comme bien plus qu’un simple soutien de principe. Elle marque le début d’une bataille politique au sein des instances du football mondial qui promet d’être longue et complexe. L’histoire retiendra que l’un des plus grands footballeurs africains de tous les temps a choisi, en cette journée du 24 août 2026, de jeter tout le poids de sa réputation dans la balance pour défendre un Infantino fragilisé — convaincant ou non, ce geste ne passera pas inaperçu dans les couloirs feutrés de la FIFA à Zurich.

Sources

Photo: BACHELOR45, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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Camille Moreau, LifeBogger author

Camille Moreau

Bonjour ! Je suis Camille Moreau et j'écris pour les lecteurs francophones de LifeBogger sur l'enfance et la biographie des footballeurs. Je consacre mon temps à explorer leurs origines, leur famille et leurs premières années — ces récits qui précèdent largement la gloire. Ce sont souvent les détails les plus discrets qui expliquent le mieux une carrière.

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