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Procès du home-jacking de Donnarumma : première journée surréaliste au tribunal de Paris
Résumé
Le procès du home-jacking de Gianluigi Donnarumma s'est ouvert le 10 septembre 2026 à Paris avec insultes et renforts de police. Trois accusés encourent 20 ans.
Sommaire
- 1 Les faits : une nuit de terreur en juillet 2023
- 2 Trois prévenus devant la justice, dont le cerveau présumé Ilyas Kherbouch
- 3 Les chefs d’accusation détaillés
- 4 Une première journée d’audience « surréaliste »
- 5 Les mineurs déjà condamnés dans une procédure séparée
- 6 Donnarumma : du PSG à Manchester City, une carrière marquée par le traumatisme
- 7 Les footballeurs, cibles récurrentes de cambriolages en France
- 8 Chronologie complète de l’affaire
- 9 Ce qu’il faut surveiller lors de la seconde journée
- 10 Réactions dans le monde du football
- 11 Sources
Le procès de trois hommes accusés du violent home-jacking subi par Gianluigi Donnarumma et sa compagne en juillet 2023 s’est ouvert le jeudi 10 septembre 2026 devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, dans une atmosphère décrite comme « surréaliste » par plusieurs médias présents, marquée par des insultes, des menaces proférées depuis le box des accusés et l’intervention de renforts de police pour rétablir l’ordre dans la salle d’audience.
L’audience, programmée sur deux jours — les 10 et 11 septembre —, concerne trois prévenus majeurs poursuivis pour vol en bande organisée avec arme, séquestration suivie d’une libération avant le septième jour et association de malfaiteurs. Ils encourent jusqu’à vingt ans de réclusion en raison de la circonstance de récidive, selon les informations rapportées par Europe 1. Deux mineurs impliqués dans les faits avaient déjà été jugés et condamnés séparément dans une procédure antérieure.
Les faits : une nuit de terreur en juillet 2023
Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2023, plusieurs individus ont pénétré par effraction dans le domicile parisien de Gianluigi Donnarumma, alors gardien titulaire du Paris Saint-Germain. Le gardien international italien, né le 25 février 1999 à Castellammare di Stabia, et sa compagne ont été agressés physiquement et séquestrés pendant que les intrus dérobaient des objets de valeur et des effets de luxe, selon le récit rapporté par la BBC dès le lendemain des faits.
Une enquête avait alors été ouverte pour « vol à main armée en bande organisée et violences aggravées », selon le parquet de Paris cité par l’AFP à l’époque. La compagne du gardien avait été ligotée par les assaillants, qui avaient pris le contrôle total du domicile avant de prendre la fuite avec un butin dont la composition exacte n’a pas été rendue publique par les autorités.
L’affaire avait suscité une vive émotion dans le monde du football et au-delà, illustrant une tendance préoccupante de cambriolages violents ciblant des sportifs de haut niveau dans la région parisienne. Donnarumma, qui venait de terminer sa deuxième saison au PSG après son arrivée libre en provenance de l’AC Milan en juillet 2021, s’était retrouvé au cœur d’un fait divers qui dépassait largement le cadre sportif.
Trois prévenus devant la justice, dont le cerveau présumé Ilyas Kherbouch
Les trois hommes qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris sont Ilyas Kherbouch, surnommé « Ganito », décrit par les enquêteurs comme le cerveau présumé de l’opération, ainsi que Khyan Mamouni et un troisième prévenu identifié comme l’un des deux commanditaires présumés. Au moment des faits, les deux commanditaires présumés étaient déjà incarcérés au centre pénitentiaire de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, selon les informations de French Football Weekly.
Cette circonstance — des commanditaires présumés qui auraient organisé le cambriolage depuis leur cellule — ajoute une dimension particulièrement troublante à l’affaire. Elle soulève des questions sur les failles sécuritaires dans le milieu carcéral français, où des détenus auraient pu planifier et coordonner une opération criminelle d’envergure visant une personnalité publique.
L’enquête avait connu une avancée majeure en décembre 2024, lorsque trois hommes avaient été mis en examen et placés en détention provisoire à Paris, selon un article du magazine Challenges. L’instruction avait permis de remonter la chaîne de commandement et d’identifier les rôles respectifs de chacun des mis en cause dans la préparation et l’exécution du home-jacking.
Les chefs d’accusation détaillés
Les trois prévenus sont poursuivis pour plusieurs infractions graves. Le tableau ci-dessous résume les principaux chefs d’accusation retenus par le parquet de Paris :
| Chef d’accusation | Qualification juridique | Peine maximale encourue |
|---|---|---|
| Vol en bande organisée avec arme | Vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d’habitation | Jusqu’à 20 ans de réclusion |
| Séquestration | Séquestration suivie d’une libération avant le septième jour | Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement |
| Association de malfaiteurs | Participation à un groupement en vue de commettre des délits | Jusqu’à 10 ans d’emprisonnement |
La circonstance aggravante de récidive, retenue contre au moins un des prévenus, porte la peine maximale encourue à vingt ans de réclusion criminelle, selon les informations rapportées par Europe 1. Le parquet n’a pas détaillé publiquement les éléments de preuve retenus contre chacun des trois accusés individuellement.
Une première journée d’audience « surréaliste »
L’ouverture du procès, le jeudi 10 septembre 2026, a été marquée par des incidents qui ont surpris observateurs et professionnels de justice. Selon le compte rendu de L’Équipe, la première journée a été qualifiée de « surréaliste », avec des insultes et des menaces proférées depuis le box des accusés qui ont perturbé le déroulement normal de l’audience.
Des renforts de police ont dû être déployés dans la salle d’audience pour rétablir l’ordre et garantir la sécurité des magistrats, des avocats et du public présent. Le site OneFootball a décrit des scènes de tension extrême, avec des « altercations et des insultes dès le début du procès » qui ont contraint le président de la chambre à interrompre à plusieurs reprises les débats.
L’atmosphère exceptionnellement hostile dans le prétoire a conduit les autorités judiciaires à renforcer le dispositif de sécurité pour la seconde journée d’audience, prévue le vendredi 11 septembre 2026. Cette journée devrait permettre la poursuite des auditions et, potentiellement, les réquisitions du parquet ainsi que les plaidoiries de la défense.

Les mineurs déjà condamnés dans une procédure séparée
Avant l’ouverture du procès des trois majeurs, deux adolescents impliqués dans le home-jacking avaient déjà été jugés et condamnés dans le cadre d’une procédure pénale distincte réservée aux mineurs, comme l’a confirmé le journal portugais A Bola en juillet 2026. Les détails de leurs condamnations n’ont pas été rendus publics, conformément à la législation française sur la protection de l’identité des mineurs délinquants.
L’implication de mineurs dans une opération de home-jacking ciblant un footballeur professionnel avait renforcé le débat public sur la délinquance juvénile et le recrutement de jeunes par des réseaux criminels organisés en Île-de-France. Au total, au moins cinq personnes ont donc été identifiées et poursuivies dans le cadre de cette affaire.
Donnarumma : du PSG à Manchester City, une carrière marquée par le traumatisme
Au moment des faits en juillet 2023, Gianluigi Donnarumma évoluait sous les couleurs du Paris Saint-Germain, où il avait été recruté libre en provenance de l’AC Milan en juillet 2021 et avait signé un contrat de cinq ans courant jusqu’au 30 juin 2026. Le gardien italien, champion d’Europe avec la Squadra Azzurra à l’Euro 2020 et élu meilleur joueur du tournoi, cumulait alors 161 apparitions sous le maillot parisien toutes compétitions confondues.
En 2025, un an avant l’expiration de son contrat, Donnarumma a quitté le PSG pour rejoindre Manchester City, où il a signé un contrat de cinq ans courant jusqu’en 2030. Selon le site spécialisé The Football Top, il comptait au 21 août 2026 quelque 47 apparitions sous les couleurs des Cityzens. Le passage à Manchester n’a pas effacé le traumatisme de l’agression parisienne, et le procès qui se tient cette semaine ravive inévitablement des souvenirs douloureux pour l’international italien et sa compagne.
La carrière de Donnarumma, débutée à l’AC Milan à l’âge de 16 ans en 2015, l’a vu totaliser 251 apparitions avec le club lombard avant son départ pour Paris. À 27 ans, il reste l’un des gardiens les plus talentueux de sa génération, mais son passage en France aura été assombri par cet épisode violent qui le ramène aujourd’hui dans les prétoires parisiens en qualité de victime.
Les footballeurs, cibles récurrentes de cambriolages en France
L’affaire Donnarumma s’inscrit dans un phénomène plus large de cambriolages et de home-jackings ciblant des footballeurs professionnels en France, et particulièrement dans la région parisienne. Ces dernières années, plusieurs joueurs de Ligue 1 et de clubs européens ont été victimes d’intrusions violentes à leur domicile, souvent perpétrées par des bandes organisées qui exploitent les calendriers de matchs pour frapper lorsque les joueurs sont absents — ou, comme dans le cas de Donnarumma, directement chez eux.
Des joueurs comme Mauro Icardi, Angel Di Maria, Marquinhos et Sergio Rico, tous passés par le PSG, ont été confrontés à des situations similaires à Paris. La multiplication de ces incidents a conduit les clubs français à renforcer les mesures de sécurité pour leurs joueurs, avec l’installation de systèmes d’alarme sophistiqués, la surveillance privée et, dans certains cas, le recours à des gardes du corps.
Le procès Donnarumma pourrait constituer un précédent judiciaire important. La sévérité des charges retenues — avec des peines pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion — envoie un signal fort sur la volonté de la justice française de traiter ces affaires avec la plus grande rigueur, au-delà du statut médiatique des victimes.
Chronologie complète de l’affaire
Voici les dates clés de l’affaire du home-jacking de Donnarumma, de la nuit de l’agression au procès en cours :
- Nuit du 20 au 21 juillet 2023 — Home-jacking au domicile parisien de Gianluigi Donnarumma et de sa compagne. Le couple est agressé physiquement et séquestré. Le parquet de Paris ouvre une enquête pour vol à main armée en bande organisée et violences aggravées.
- 21 juillet 2023 — L’information est rendue publique. Le PSG publie un communiqué de soutien à son gardien. L’affaire fait la une des médias internationaux.
- Décembre 2024 — Trois hommes sont mis en examen et placés en détention provisoire dans le cadre de l’enquête, selon Challenges.
- Avant juillet 2026 — Deux mineurs impliqués sont jugés et condamnés séparément dans le cadre d’une procédure réservée aux mineurs.
- 11 juillet 2026 — CNEWS révèle que le procès des trois majeurs est programmé les 10 et 11 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris.
- 10 septembre 2026 — Ouverture du procès devant la 16e chambre correctionnelle. Première journée marquée par des insultes, des menaces et des renforts de police.
- 11 septembre 2026 — Deuxième journée d’audience prévue, avec la poursuite des auditions et potentiellement les réquisitions du parquet.
Ce qu’il faut surveiller lors de la seconde journée
La seconde et dernière journée d’audience, prévue ce vendredi 11 septembre 2026, sera déterminante pour l’issue du procès. Plusieurs éléments sont attendus : les réquisitions du parquet, qui devraient demander des peines lourdes compte tenu de la gravité des faits et de la circonstance de récidive ; les plaidoiries de la défense, qui pourrait contester le rôle attribué à chacun des prévenus dans la chaîne de commandement ; et, éventuellement, le témoignage de Donnarumma ou de sa compagne, si le tribunal décide de les entendre.
L’ambiance tendue de la première journée laisse présager une seconde audience sous haute surveillance. Le dispositif de sécurité renforcé devrait être maintenu, voire amplifié, pour éviter que les incidents du 10 septembre ne se reproduisent. Le verdict, s’il est prononcé à l’issue de cette audience, pourrait tomber dans les heures ou les jours suivant la clôture des débats.
Au-delà du sort judiciaire des trois prévenus, ce procès met en lumière les enjeux de sécurité auxquels sont confrontés les footballeurs professionnels vivant en France. Il rappelle que la notoriété et les signes extérieurs de richesse font de ces athlètes des cibles privilégiées pour des réseaux criminels de plus en plus organisés et violents. La réponse judiciaire apportée dans cette affaire sera scrutée de près, tant par les clubs que par les joueurs eux-mêmes, qui attendent un signal fort de la part de la justice française.
Réactions dans le monde du football
L’ouverture du procès a suscité de nombreuses réactions dans le milieu footballistique. Si Donnarumma lui-même n’a pas communiqué publiquement sur le sujet depuis son départ pour Manchester City, plusieurs de ses anciens coéquipiers au PSG avaient exprimé leur solidarité au moment des faits en 2023. Le club parisien avait alors publié un communiqué officiel condamnant « avec la plus grande fermeté » l’agression subie par son joueur et sa compagne.
La question de la sécurité des joueurs en dehors des stades est devenue un sujet de préoccupation majeur pour les instances du football professionnel français. La Ligue de Football Professionnel (LFP) et les clubs de Ligue 1 ont progressivement renforcé leurs protocoles de sécurité, proposant aux joueurs des audits de sûreté de leur domicile et des recommandations sur les mesures de protection à adopter.
Pour Donnarumma, aujourd’hui installé à Manchester où il porte les couleurs de Manchester City, ce procès marque un chapitre douloureux mais nécessaire de sa vie en France. L’issue judiciaire de cette affaire pourrait également influencer les décisions de futurs joueurs internationaux quant à leur installation dans la capitale française, où le nombre d’incidents de ce type a suscité des inquiétudes croissantes au sein de la communauté footballistique.
Sources
- Home-jacking visant Gianluigi Donnarumma : ouverture d’un … — europe1.fr
- BBC — bbc.com
- French Football Weekly — frenchfootballweekly.com
- Le cambriolage violent contre Gianluigi Donnarumma et sa … — liberation.fr
- trois hommes, dont Ilyas Kherbouch, jugés à Paris ce jeudi – CNews — cnews.fr
Photo: MichaelEmilio, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons



