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La FIFA accuse l’UEFA de « campagne de dénigrement » contre Gianni Infantino
Résumé
La FIFA accuse l'UEFA de mener une campagne de dénigrement contre Gianni Infantino le 4 sept. 2026. Contexte, enjeux et réactions du monde du football.
Sommaire
- 1 Une accusation directe et publique entre les deux plus grandes instances du football
- 2 Infantino au cœur d’un rapport de force vieux de plusieurs années
- 3 Les enjeux juridiques derrière la querelle institutionnelle
- 4 Un conflit qui dépasse les deux institutions
- 5 L’impact potentiel sur la Ligue 1 et le football français
- 6 Chronologie du conflit FIFA-UEFA : les étapes clés
- 7 Réactions dans le monde du football
- 8 Que faut-il attendre dans les prochains jours ?
- 9 Un football mondial à la croisée des chemins
- 10 Sources
La FIFA a officiellement accusé l’UEFA de mener une « campagne de dénigrement » contre son président Gianni Infantino, selon des informations publiées le 4 septembre 2026 par l’agence Reuters et relayées par L’Équipe. Cette déclaration marque une escalade sans précédent dans la guerre des institutions qui déchire le football mondial, un conflit alimenté par des litiges juridiques autour d’un projet d’Infantino qui a depuis été abandonné.
Une accusation directe et publique entre les deux plus grandes instances du football
La FIFA a ouvertement désigné l’UEFA comme l’auteure d’une campagne coordonnée visant à discréditer Gianni Infantino, son président en exercice depuis 2016. Dans un communiqué transmis aux médias accrédités le 4 septembre 2026, la fédération mondiale a utilisé des termes inhabituellement tranchants pour une institution habituée aux formulations diplomatiques, affirmant que « l’UEFA mène une campagne de dénigrement contre la FIFA et son leadership ».
Cette déclaration publique constitue une rupture nette avec les usages diplomatiques qui prévalaient jusqu’ici entre les deux organisations. Depuis des décennies, FIFA et UEFA coexistent dans une relation de rivalité larvée, mais les différends s’exprimaient principalement par voie de négociations discrètes ou de prises de position feutrées. La franchise et la virulence du ton adopté par la FIFA en ce début septembre 2026 signalent que le conflit a atteint un point de non-retour.
Selon Reuters, le fond de la querelle est lié à un litige judiciaire portant sur un plan qu’Infantino avait cherché à mettre en œuvre et qui a depuis été abandonné. Les détails précis de ce plan n’ont pas été officiellement divulgués par l’une ou l’autre des parties, mais des sources proches du dossier évoquent des ambitions de réforme structurelle du calendrier international et du modèle de distribution des revenus mondiaux.
Infantino au cœur d’un rapport de force vieux de plusieurs années
Gianni Infantino, né le 23 mars 1970 à Martigny, en Suisse, est à la tête de la FIFA depuis son élection le 26 février 2016, à Zurich, dans un contexte de crise de gouvernance profonde après les scandales de corruption qui avaient éclaboussé l’institution sous son prédécesseur Sepp Blatter. Avant son accession à la présidence mondiale, Infantino avait dirigé l’UEFA en tant que secrétaire général, ce qui lui confère une connaissance intime des rouages de la fédération continentale européenne — et, selon ses détracteurs, alimente des rancœurs institutionnelles des deux côtés.
Depuis 2016, les relations entre la FIFA et l’UEFA se sont progressivement dégradées autour de plusieurs dossiers structurants : la création de la Ligue des nations, la réforme de la Coupe du monde (passée à 48 équipes à partir de l’édition 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique), et surtout le projet avorté de Coupe du monde biennale, farouchement combattu par les clubs européens et l’UEFA. Ce dernier dossier, qui aurait radicalement modifié le calendrier international en réduisant l’intervalle entre chaque édition de la compétition à deux ans au lieu de quatre, a cristallisé toutes les tensions en 2021-2022 avant d’être formellement enterré.
Les critiques d’Infantino au sein du football européen lui reprochent également d’avoir déplacé sa résidence à Riyad, en Arabie saoudite, et d’entretenir des liens étroits avec des gouvernements dont les pratiques en matière de droits humains sont régulièrement remises en cause. L’UEFA, sous la présidence d’Aleksander Čeferin, a souvent servi de caisse de résonance à ces critiques.
Les enjeux juridiques derrière la querelle institutionnelle
Selon les informations disponibles au 4 septembre 2026, la dimension juridique du conflit tourne autour d’un projet spécifique d’Infantino — dont la nature exacte n’a pas encore été officiellement dévoilée dans leur intégralité — qui avait conduit à des procédures judiciaires avant d’être abandonné. La FIFA accuse l’UEFA d’avoir utilisé ces procédures et leur couverture médiatique pour alimenter délibérément une image négative d’Infantino auprès des médias, des fédérations membres et du grand public.
Cette stratégie, si elle est avérée, ne serait pas sans précédent dans le monde du football professionnel, où les batailles de communication jouent souvent un rôle aussi important que les argumentaires juridiques eux-mêmes. L’accusation de « campagne de dénigrement » vise à retourner l’initiative narrative : en forçant l’UEFA à se défendre publiquement, la FIFA cherche à recentrer le débat sur les méthodes de son adversaire plutôt que sur le fond du litige.
Du côté de l’UEFA, aucune réponse officielle détaillée n’avait été publiée au moment de la rédaction de cet article. L’institution de Nyon n’a pas démenti les accusations de la FIFA, mais ses représentants n’ont pas non plus confirmé l’existence d’une quelconque campagne organisée.
Un conflit qui dépasse les deux institutions
La querelle FIFA-UEFA ne se résume pas à un simple désaccord administratif entre deux bureaucraties sportives. Elle implique des intérêts financiers considérables, des modèles de distribution des droits télévisuels et des droits commerciaux, ainsi que la question fondamentale de savoir qui contrôle réellement le football mondial à l’ère des investissements massifs en provenance du Golfe.
L’UEFA représente le football européen — le marché le plus lucratif de la planète, qui concentre la grande majorité des revenus globaux du sport. La Premier League anglaise, la Liga espagnole, la Bundesliga allemande, la Serie A italienne et la Ligue 1 française génèrent ensemble des revenus télévisuels et commerciaux qui éclipsent ceux du reste du monde. La capacité de l’UEFA à distribuer ces ressources — notamment via la Ligue des champions — lui confère une influence sans équivalent sur les clubs, les joueurs et les agents.
La FIFA, de son côté, tire sa légitimité de sa représentativité universelle — 211 fédérations membres, soit davantage que les Nations unies — et de sa capacité à organiser la Coupe du monde, l’événement sportif le plus regardé sur Terre. La tension entre ces deux sources d’autorité — l’argent européen contre la légitimité mondiale — est structurelle et ne disparaîtra pas avec le départ d’Infantino ou de Čeferin.
Dans ce contexte, les clubs français et leurs dirigeants suivent la situation de très près. Les récents transferts à grande échelle — comme l’accord de principe entre Chelsea et Monaco pour Lamine Camara à environ 45 millions d’euros — illustrent à quel point l’économie du football européen est sensible aux règles et aux décisions qui émanent des instances dirigeantes.

L’impact potentiel sur la Ligue 1 et le football français
Pour la Ligue 1, qui vit une saison 2026-2027 déjà marquée par un début de journée intense — notamment avec le choc PSG-Monaco prévu ce week-end et le doublé de Paris Brunner qui avait permis à Monaco d’écraser l’OM 2-0 et de prendre la tête du classement —, les turbulences au sommet du football mondial ne sont jamais sans conséquences pratiques.
Les décisions prises à Zurich (siège de la FIFA) ou à Nyon (siège de l’UEFA) affectent directement les fenêtres de transferts, le calendrier des compétitions européennes, les règles du fair-play financier et, en dernière analyse, la capacité des clubs français à attirer et à conserver les meilleurs talents. La réforme du calendrier international — l’une des pierres d’achoppement historiques entre FIFA et UEFA — a notamment des répercussions directes sur la disponibilité des joueurs des sélections nationales comme l’équipe de France.
Rappelons que Zinédine Zidane doit dévoiler sa première liste de l’équipe de France le 18 septembre 2026. Les tensions entre FIFA et UEFA sur la gestion des fenêtres internationales pourraient indirectement affecter le calendrier des équipes nationales dans les semaines et mois à venir.
Chronologie du conflit FIFA-UEFA : les étapes clés
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 septembre 2026 | La FIFA accuse publiquement l’UEFA de « campagne de dénigrement » contre Infantino |
| 2022-2025 | Tensions liées au projet de Coupe du monde biennale, finalement abandonné |
| Novembre 2021 | L’UEFA et les confédérations rejettent formellement le projet de Mondial biennal d’Infantino |
| Juin 2021 | Révélation par Der Spiegel des mystérieux entretiens d’Infantino avec le procureur général suisse, Michael Lauber |
| Avril 2021 | Tentative avortée de Super Ligue européenne : la FIFA et l’UEFA s’unissent brièvement contre les clubs dissidents |
| 26 février 2016 | Élection de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA, à Zurich |
Réactions dans le monde du football
Bien que l’UEFA n’ait pas encore publié de réponse formelle aux accusations de la FIFA au 4 septembre 2026, plusieurs observateurs du football mondial ont réagi à cette nouvelle escalade. Selon Reuters, qui a rapporté l’information en premier, la déclaration de la FIFA intervient dans un contexte où les deux institutions sont engagées dans des discussions sensibles sur la répartition des revenus issus du Mondial des clubs 2025 — compétition dont l’UEFA a critiqué le format et le calendrier.
Des personnalités comme Aleksander Čeferin, président de l’UEFA depuis 2016, ont par le passé exprimé des positions très critiques à l’égard d’Infantino. En 2022, lors d’une conférence de presse à Nyon, Čeferin avait déclaré : « Le football ne peut pas être gouverné comme une entreprise privée par une seule personne. » Cette phrase avait été largement interprétée comme une attaque directe contre le style de gouvernance d’Infantino.
Du côté des clubs et des ligues nationales, la prudence est de mise. Les dirigeants préfèrent généralement ne pas prendre parti publiquement dans un conflit institutionnel qui pourrait se retourner contre eux, quelle que soit l’issue. Un représentant d’un grand club européen, qui a souhaité garder l’anonymat, a confié à Reuters : « Ce qui nous préoccupe, c’est la stabilité du calendrier et des règles. Les guerres d’ego entre instances ne nous intéressent que dans la mesure où elles affectent le jeu. »
Que faut-il attendre dans les prochains jours ?
Plusieurs développements sont à surveiller dans l’immédiat :
- La réponse officielle de l’UEFA : L’institution de Nyon devra tôt ou tard répondre publiquement aux accusations de la FIFA. Un silence prolongé pourrait être interprété comme un aveu implicite ; une contre-attaque verbale risquerait d’alimenter davantage le conflit.
- L’issue des procédures judiciaires en cours : Les litiges évoqués par la FIFA sont le fond réel du problème. La résolution — ou l’escalade — de ces procédures déterminera l’évolution de la crise.
- La prochaine réunion du Conseil de la FIFA : Le Conseil de la FIFA, qui regroupe les présidents des six confédérations continentales, pourrait être convoqué en session extraordinaire si la situation continue de se dégrader.
- La position des grandes fédérations nationales : Les fédérations anglaise (FA), espagnole (RFEF), française (FFF), allemande (DFB) et italienne (FIGC) sont des membres clés de l’UEFA. Leur prise de position éventuelle dans ce conflit pèsera lourd.
- L’impact sur les droits commerciaux : Des partenaires commerciaux majeurs de la FIFA — Adidas, Coca-Cola, Hyundai — suivent attentivement les crises de gouvernance, qui peuvent affecter la valeur de leur association avec l’institution.
Un football mondial à la croisée des chemins
Au-delà du conflit de personnalités entre Infantino et Čeferin, la querelle FIFA-UEFA reflète une question de fond qui traverse le sport mondial : à qui appartient le football ? Aux instances qui le régulent, aux clubs qui le pratiquent, aux diffuseurs qui le financent, ou aux supporters qui le vivent ?
La Coupe du monde 2026, qui vient tout juste de s’achever avec son format élargi à 48 équipes, a généré des revenus télévisuels et commerciaux record estimés à plusieurs milliards de dollars. La répartition de ces revenus — entre la FIFA, les confédérations continentales, les fédérations nationales et les clubs qui ont prêté leurs joueurs — est précisément l’un des sujets de friction entre Zurich et Nyon.
Dans ce contexte, l’accusation publique lancée par la FIFA le 4 septembre 2026 apparaît comme bien plus qu’une simple querelle de communication. Elle annonce potentiellement un réalignement profond des rapports de force au sommet du football mondial, dont les répercussions pourraient se faire sentir pendant des années sur les compétitions, les transferts et la gouvernance du sport le plus populaire de la planète.
Pour des informations complémentaires sur cette histoire, vous pouvez consulter directement la couverture de Reuters Sport et l’article de L’Équipe sur ce sujet.
Sources
- la couverture de Reuters Sport — reuters.com
- Une rivalité qui ne faiblit pas : la FIFA accuse l’UEFA de mener une — lequipe.fr
- La FIFA dépose des documents juridiques accusant l’UEFA d’avoir … — goal.com
- FIFA : l’UEFA mène une campagne de dénigrement et redoute l’ascension des pays en développement — goal.com
- FIFA accuses UEFA of ‘smear campaign’ in fight over Gianni … — abc.net.au
Photo: Bryan Berlin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons



